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vendredi 5 septembre 2008

Thief



1981, Quelques années avant le début de la série 'Miami Vice', Michael Mann réalise ce bijou de film noir, bourré de tout ce qui fera de lui un réalisateur incontournable. Un voleur de diamants, perceur de coffre veut finir en beauté sa carrière en s'alliant avec de gros bonnets pour finir sa vie avec femme et enfant. Bien sûr, ça ne se passe pas comme prévue. Les scènes filmées de nuit sont exceptionnelles, les braquages sont archi détaillés et documentés comme à son habitude, les personnages très consistants, en premier lieu James Caan qui signe là sa meilleure prestation pour moi. Les seconds rôles sont croustillants, la vie perso de Caan aussi, cherchant maladroitement à se caser avec femme et enfant sans verser dans le melo demago. Le rythme est parfait, on effleure les situations, les dialogues ne sont pas trop etoffés, Mann base tout sur ses personnages et ses images, là où il est le meilleur. Vraiment un très bon film, peu connu dans la filmo de Mann alors que tout y était déjà pressenti : les braquages et fusillades précis et détaillés à la 'Heat', les rues en mode nocturne comme dans 'Collatéral' et l'ambiance policière noire qu'on retrouvera dans toute sa création autour de 'Miami Vice'. La musique planante et excellente de Tangerine Dream assure au film un côté plus mystique, presque onirique avec les éclairages 80's au possible. Le scénario est solide et classique, ce n'est pas là que se trouve le vrai sujet. Mais dans la force des personnages ni bons ni mauvais, plutot froids et implacables qui cherchent une issue à ce qu'ils sont et dans la façon de les filmer dans une ambiance très Mann-ienne. Cette séquence super longue de percage du coffre avec des millions d'étincelles offre de magnifiques images tout comme les ride en chevy la nuit dans les rues de Chicago. Un premier film impressionnant de maitrise, symptomatique du meilleur des années 80, indispensable.



jeudi 4 septembre 2008

The taking of pelham one two three



NYC. Le métro. les années 70. Une toile de fond extraordinnaire. The taking of pelham one two three raconte la prise d'une rame de métro avec 17 otages par 4 gangsters. Le plan est millimétré dans la pure tradition des films de braquo des 70's. Moustaches, lunettes, chapeaux et impers, les gangsters s'appellent avec des noms de couleurs, concept repris plus tard par Tarantino dans Reservoir Dogs. A côté de ça, The taking... est un film de grandes gueules, très détaillé sur l'organisation du métro et de la police de new york, souvent satirique avec un maire complètement incompétent, hué par la population, un Walter Matthau, flic tout en flegme et bonhommie, plein de bons mots et en face, Robert Shaw, implacable et calculateur. Ca fuse, c'est rythmé, pas forcément réaliste mais crédible. L'ambiance créée est vraiment excellente, basé sur les dialogues et le scénario, simple au demeurant mais vraiment efficace. Un classique du genre basé sur une histoire simple, de bons dialogues, des personnages forts en gueule, de l'humour, le tout vraiment bien rythmé avec une seule star, New York et son métro. Et la bande son est excellente. Une autre idée du cinéma.



Un remake est prévu en 2008 réalisé par Tony Scott avec Denzel Washington dans le rôle du flic du métro, le grand James 'Soprano' Gandolfini en maire et Travolta dans le rôle de Mr Blue. Ouaip... Sceptique. Je sens que ça va péter dans tous les sens pour rien. J'espère me tromper.

jeudi 10 avril 2008

North by Northwest



Tout simplement mon film préféré. Y'a tout ce que j'aime. Du contenu super bien filmé dans un pur divertissement, un générique hyper graphique de Saul Bass, des idées, de la belle photo, Cary Grant au top du dandy négligé et sarcastique, une blonde intégrale, un vrai méchant, la musique omniprésente d'Hermann et une histoire à tiroir. Je suis un grand fan de Hitch mais je trouve que celui ci est la quintessence de tout son art maitrisé en tout point. Avec Vertigo, il tient là pour moi ses deux classiques.


Très bon teaser avec Hitch en grand forme


LA scène que tout le monde connait, masterpiece!

mercredi 9 avril 2008

They Live



Je me retappe en ce moment toute la filmo de Carpenter, j'adore ses antiheros qui tapent avant de réfléchir avec un discours toujours subversif et engagé derrière les codes de genre. Clairement un maître à penser qui ne veut pas en être et qui prouve avec une aisance déconcertante qu'un film intelligent ne veut pas dire chiant. Preuve en est ce sérieux 'They Live' sorti en 88 en pleine période Reagan où de sombres extraterrestres semblent avoir pris la terre d'assault et l'endorment à base de télévision, de répression et de publicités. Dans le rôle principal, Carpenter joue la série B à fond avec le célèbre catcheur Rowdy Pipper qui signe là son premier vrai rôle au cinéma. Il est parfait dans le délire à la Kurt Russel, je ne parle pas beaucoup, je tape pas mal et je ne suis pas une fusée. Le tout ne se prend pas au sérieux tout en pointant du doigt pas mal de travers de la société politico-économique de USA des 80's. Les seconds rôles sont réussis, on a même le droit à un mythique match de catch/bagarre de rue entre les deux antihéros en plein milieu de film complètement hors du temps et du scénar et le délire des lunettes de soleil est juste génial. Plein de parano, de fun déguisé et de tirades de taré (celle dans la banque vaut son pesant de cacaouhètes), tout est là pour en faire un classique des années 80 comme quasiment tous les films du grand John à cette époque.

La Fight mythique


Pour info, l'affiche avait inspiré Cage pour la cover de son album Movies for Blind

mercredi 12 décembre 2007

chili palmer is in the house



Au milieu des années 90, le style punchy et les dialogues accérés de Elmore Leonard font mouche à hollywood. Jackie Brown de Tarantino et Out of Sight de Soderbergh développent plutôt bien l'esprit de ses romans : des personnages complètement déments, des quiproquos invraisemblables, des arnaques et du culot, le tout servi par des dialogues impeccables. Juste avant est sorti en 1995 Get Shorty par Barry Sonnenfeld, futur réalisateur de Men in Black et Wild Wild West. Le personnage Chili Palmer, campé par un Travolta en pleine rédemption post-Pulp Fiction, est un usurier de Brooklyn qui rêve de faire du cinéma. Suite à une arnaque rocambolesque, il se retrouve à LA avec un producteur loser de la pire espèce joué par l'excellent Gene Hackman. L'histoire n'est pas vraiment importante, tout est centré sur les personnages et les dialogues. On sent l'influence qu'a eu Elmore Leonard sur l'écriture de Tarantino, la rhétorique est implacable, les personnages attachants car complètement improbables et Chili Palmer fait son cinéma. On se marre beaucoup, les seconds rôles sont impeccables comme James Gandolfini, futur Tony Soprano, qui joue ici un cascadeur gros bras barbu et chevelu. Le rythme est au rendez vous, le sens du détail, l'humour, la dérision et l'univers tout entier de Leonard, bourré de références multiples à la sous-culture, nous emportent entre les wiseguys et les acteurs foireux, on se régale.


En 2005 est adapté Be Cool, la suite de Get Shorty, 10 ans après. Suite à son succès dans le milieu du cinéma, Chili Palmer (toujours Travolta) a envie de tester l'industrie du disque. On retrouve les détails, les manières et les répliques cultes du premier épisode, la télé qui s'allume tout seule tard la nuit, la 'cadillac' de Chili, les petites frappes et les caids en bois. Dans le milieu de la musique, la caricature du Hip-Hop était bien sûr facile et Leonard assure des personnages bien poilant comme Cedric The Entertainer et Andre 3000 en gros Hummer et petit cerveau. On pourrait tomber dans l'énorme cliché mais nous sommes là dans un monde plus ou moins parallèle où tout est dérision et avec l'appui du réalisateur F.Gary Gray, réalisateur de clips et du très bon Friday avec Ice Cube, on tombe vite sur ses pattes. Cedric est jubilatoire en producteur sans scrupule. Uma Thurman est ajoutée au casting mais ne sert pas à grand chose à part faire la fan de Steve Tyler et une énième danse pleine de références avec Travolta, mode Pulp Fiction. Vince Vaughn est une caricature de Hip-Hop blanc assez réussie et surtout The Rock en garde du corps gay à contre emploi est tout simplement parfait. On sent que tout ce petit monde s'amuse pleinement avec la même formule que le premier volume mais la réalisation traine en longueur, tous les détails plus 'auteurs' de Get Shorty tournent au MTViesque avec match des Lakers, démonstration de danse, concert d'Aerosmith, remise de prix bourrée de stars et autres scènes dispensables qui ressortent un peu comme des vieux démon de F. Gary Gray. Reste une suite cohérente et un panaché de seconds rôles assez excitants vu qu'on retrouve aussi Harvey Keitel dans une autre réminiscence Pulp Fictionnesque ou Christina Milian dans son presque propre rôle. L'ensemble des deux est super cohérent, les parallèles sont nombreux et très plaisants donc laissez vous tenter par une soirée complète dans le monde d'Elmore Leonard en compagnie de Chili Palmer. Et si vous êtes un couche tard, enchainez avec Jackie Brown et Out of Sight et vous aurez la galerie de personnages les plus loufoques et déjantés du polar de ces dix dernières années.

PS : VO obligatoire sinon c'est naze.



lundi 3 décembre 2007

the heartbreak kid



Je me souviens mes premières expériences avec les frères Farrelly. Fête du cinéma 1994. Alors que je devais foncièrement être encore plus débile qu'eux, j'ai trouvé Dumb & Dumber complètement débile. Maintenant que je l'ai revu au moins une dizaine de fois, je me demande si j'ai fait exprès de ne pas rigoler. Pour faire le grand avec les filles. Période de blanc. Je passe à côté de Kingpin et en 1998, je rentre tranquillement dans la salle de ciné pour voir Mary à tout prix lors d'une des innombrables séances du midi de mes années fac. Je m'attendais à une comédie gentillette et pouf! Ca me tombe sur le coin de la gueule sans crier gare. Tout est génial, le scénario, les personnages, les situations. Ben Stiller est magistralement drôle, Cameron Diaz est irrésistible. Sans parlet du nombre incalculable de personnages secondaires réussis qui feront la marque de fabrique des Farrelly aux travers du temps. Depuis le rendez vous était pris pour chaque nouvelle farce, comédie de moeurs débridée, passante de Jim Carrey à Jack Black pour mon plus grand plaisir, toujours avec réussite. Alors quand est annoncé le retour de Ben Stiller dans un film des Farrelly, je me dis que je vais encore passé un putain de moment. Et ca n'a pas loupé.

Les femmes de ses rêves (the heartbreak kid), c'est un peu le Mary 2007, l'histoire d'amour à l'envers, la quarantaine grisonnante et la peur de s'engager. Les parallèles sont nombreux, Ben Stiller toujours à la recherche de sa vraie et ultime moitié. Le scénario est simple et efficace. Et on rit. Vraiment. Les Farrelly n'ont pas perdu de leur superbe. Faire sortir des sentiments aussi humains avec un humour aussi con, ils sont un peu les seuls à réussir ce pari perdu d'avance. Toujours un sens du détail et du quiproquo réussi, des dialogues anthologiques et toujours plusieurs scènes à marquer dans les annales de la comédie. A travers le rire, ils passent toujours un message, une histoire de société. En quelques scènes, ils peuvent décrire une situation toujours avec le rire comme toile de fond même si ça n'a rien de drôle (cf les clandestins mexicains dans celui ci). Et les personnages secondaires sont tous réussis comme le père queutard d'Eddie, le pervers Oncle Tito, les mariachis qui rappellent le groupe pop qui accompagnait le récit de Mary ou la famille du Mississipi plouc à l'extrême. Les personnages les plus abjectes en deviennent attachants. Et comme toujours, une fin des plus critiques juste à moitié happy. On en sort encore plus réjoui en attendant la prochaine dose. Avec impatience.



lundi 28 août 2006

Freud n'a rien compris, Gondry oui.



Un nouveau film de Michel Gondry est toujours un moment d'entouthiasme intense. Son imagination et sa réalisation hors du commun font de chacun de ses films des ovnis visuels et narratifs. Au départ, Michel a un parcours similaire à son ami Spike Jonze, des pubs, des clips, de l'originalité, de la créativité et de la technique. Ensuite les deux compères rencontrent Charlie Kaufman qui leur offre ses histoires déjantées, hors normes, leur permettant de développer des introspections extraordinaires à travers les yeux de John Malkovich, puis ceux de Nicolas Cage encore plus proches dans son writer's block. Gondry réalise à cette époque son premier long métrage en exprimant ,autour de l'univers de Kaufman, une imagerie de conte de fées avec une technique clipesque. Ensuite Kaufman lui offrira sa plus belle histoire d'amour avec Jim Carrey et Kate Winslet dans une interprétation et une réalisation magistrales. Le style Gondry est maintenant balisé et pour un jeune élévé aux MTV clips, aux pubs en tout genre et à l'animation fantaisiste, il représente avec celui de Jonze tout ce qu'on aime dans la video, la création, la façon de raconter les histoires et de les réaliser. Et c'est dans cet univers toujours à la limite du réel que Gondry place son nouveau film, La Science des Rêves. Cette fois-ci, on sait que les choses ont changé. Au moins un petit peu. Kaufman n'est plus à la barre, c'est le cerveau de Gondry lui-même qui crée cette histoire entre rêve et réel, entre songe et vérité. La trame de fond reste la même, l'amour avec un grand A mais la narration s'en trouve moins complète, plus décousue. Il ne faut surtout pas chercher à comprendre l'histoire, lui trouver un début, une fin, une suite logique. Il s'agit juste de Stéphane qui rêve éveillé, qui ne sait plus à certains moments s'il rêve ou s'il réelle. Et qui tombe amoureux de Stéphanie. Là ou se fait la différence pour nous autres français, c'est le casting. La toujours parfaite Charlotte Gainsbourg assure une interprétation sans faille entre travaux manuels et univers d'enfant. Alain Chabat est lui aussi parfait comme ses collègues de calendrier. Les blagues potaches fusent, les situations absurdes se confondent entre rêve et réalité, on ne sait plus très bien ou on se trouve mais l'essentiel est sauf: l'univers, la beauté des scènes, des images, la fluidité du tout. Le carton, le plastique, le tricot et autres matières premières de travaux manuels très 70's sont les principaux artisans de cette création visuelle. On est encore une fois transporté dans cet univers sans chercher à comprendre, juste à regarder. Le film devient une succession de scènes intenses hallucinées pleines de détails et de retranscription de la réalité avec des matériaux insolites à travers les synapses de Gondry. On sent une vraie introspection, un film très personnel qu'on ne fait finalement qu'effleurer de la rétine. Cela mériterait clairement une seconde plongée, plus profonde, en apnée. Pour aller rejoindre les dauphins.

http://www.lasciencedesreves-lefilm.com


Courrez dans les salles obscures!

vendredi 25 août 2006

Humeur Champêtre



Dans nos vies hi-tech d'homme moderne, il y'a des matins difficiles. Des jours où le quotidien nous rattrape, tram boulot dodo, factures, transports, responsabilités, robots, robots, robots, le tout toujours au pluriel. On rentre de vacances et on tombe dans le silence qui n'existe plus. Les heures passent quelques fois sans saveurs et les jours sans goûts. Alors nous reviennent les insouciances enfantines, les jeux improvisés, les jours où tout est drôle, les vacances interminables, les sourires internissables, les souvenirs impérissables. On se retrouve alors sous la couette avec une tisane pomme-cannelle et l'envie de revoir 'Tonari no Totoro', mon voisin Totoro en français dans le texte. L'envie donc de voir une histoire magnifiquement simple, des personnages attachants, une image exceptionnelle, des cadrages poétiques, des passages bucoliques. Miyazaki réalise ici en 1988 son premier grand succès au Japon où Totoro est devenu une icône des tous petits. Je dois être resté très petit car Totoro reste une icône pour moi. L'icône rassurante de cette tranquilité campagnarde, de ce calme lien avec la nature. Pourtant pas schlag pour un sou, homme moderne parmi les hommes modernes, je sors toujours content de cette naîveté colorée. La pluie, le soleil, les fruits, les légumes, les noiraudes, le chatbus, les rizières, la fôret, les plantes, du vert, les fleurs, du bleu,les arbres plus grands que l'Empire State, les insectes, les ruisseaux, les Totoros, l'entouthiasme, le respect, l'optimisme, la vie. S'émerveiller devant les choses simples plutôt que de s'enfoncer dans la blasitude la plus complète, c'est tellement facile et dur à la fois. La version DVD française a été éditée cet été par les studios Walt Disney. Que ceux qui rêvent encore en profitent.

Tonari no Totoro - Kokoro Yo Genshi Ni Modore